BERNARD LAVILLIERS

GAËL FAURE

Rythmes chaloupés, chaloupes d’aventurier. La musique de Bernard Lavilliers est, depuis toujours, au carrefour des sept mers, et lui, le contraire d’un corsaire. Car ce baroudeur-là ne vole pas – et certainement pas pour le compte d’un État –, il transporte, transmet, transgresse, aussi, régulièrement. Son vingt-deuxième album studio, 5 minutes au Paradis, est l’un de ses plus beaux et poignants recueils, marqué de bout en bout par les drames de notre temps. À contretemps des indignés du quotidien, le Stéphanois livre des textes écrits avec un recul et une poésie terribles, comme ces insoutenables Croisières Méditerranéennes. Le raffinement des compositions tranche avec la violence des propos – il souligne leur férocité. L’écriture et les arrangements ont été partagés avec quelques fines gâchettes : Romain Humeau, Benjamin Biolay, Feu! Chatterton… À 71 ans, Bernard Lavilliers fait encore d’heureuses rencontres musicales. Sur scène, la chaleur l’emporte et les nouveaux titres sont mêlés aux relectures inspirées de standards tels que Noir et Blanc ou Stand the Ghetto.

Après sa participation à la Nouvelle Star en 2006, Gaël Faure a eu la riche idée de pleinement laisser mûrir ses talents. Ce beau travail du temps s’entend tout au long de Regain, troisième album où le natif de Valence affirme son caractère finement trempé, mis au service d'une peinture des sentiments et d’une justesse de ton qui en font l’un des libres héritiers d’Alain Souchon ou d'Yves Simon.