Invité d’honneur

BLED RUNNER

Fellag

Ses armes, ce sont les mots. Ceux qui caressent et guérissent les blessures des siècles passés. Fellag, c’est un miracle de délicatesse marié à une infernale acuité. Si bien qu’avec sa voix, sa beauté et son sourire, il pourrait ramener instantanément la paix dans le monde entier. "Le pays d’un homme, c’est l’endroit où il a enterré son enfance dit-il. Ce pays peut être un rocher au milieu du Pacifique, un olivier, un jardin, une maison, des amis, des voisins... Parce que le peuple est une abstraction. Le pays est une abstraction. Les frontières sont tracées par les hommes avec un mètre et une craie. Mais le vrai pays ce sont les amis, c’est la maison, la petite école, le rocher au milieu du Pacifique, la dune dans le désert, un oiseau qui passe. C’est ça le pays de quelqu’un." Alors le pays de Fellag, invité d’honneur de cette édition, ce sera Hocine Boukella des Cheikh Sidi Bemol et ses Chants de Marins Kabyles et aussi André Minvielle et Jacques Bonnaffé, tous ensemble, comme des poissons dans l’autre.
Pour boucler une longue boucle entamée avec Djurdjurassique Bled (1995), j'ai intitulé mon nouveau spectacle Bled Runner. Il est constitué de textes puisés dans la matière de tous les spectacles que j'ai écrits pour la scène depuis maintenant vingt ans : Djurdjurassique bled, Un bateau pour l'Australie, Le dernier chameau, Tous les Algériens sont des mécaniciens, Petits chocs des civilisations...

Bled Runner est donc une sorte de best of, mais pas comme on l'entend habituellement. L'idée n’est pas de présenter de manière linéaire les meilleurs morceaux de chacun des spectacles, mais d'organiser un voyage labyrinthique à travers toutes ces œuvres pour en cueillir les sujets les plus signifiants, les plus marquants, pour ensuite les mêler, les réinventer avec le regard d'aujourd'hui afin de créer un spectacle nouveau. Cet enchevêtrement s'articule autour des thèmes qui nourrissent ou pourrissent l'imaginaire "in tranquille" de nos deux sociétés française et algérienne. Le but est évidemment de continuer à en parler de façon décomplexée pour laver le mauvais sang qui en irrigue les veines. Car il est urgent d'exorciser ces sujets qui minent les rapports entre nos deux mondes.
Ces rapports sont si tendus, si délicats que seul l'humour peut les caresser sans se brûler les doigts. Cette nécessité de retrouvailles heureuses de "deux" publics qui dialoguent à travers des histoires poussées aux extrêmes de leur absurdité, s'est imposée à moi au fur et à mesure de ma confrontation jubilatoire avec ce même public uni pour rire de tout ce qui fait mal à notre mémoire et à notre présent communs. Ces rapports complexes qui ont existé, existent, et continueront d'exister, en se cachant derrière des masques nouveaux, forment la ligne rouge de Bled Runner. FELLAG

"L'humour... c'est quand on rit quand même". Mark Twain

Durée 1h30

* Rencontre avec l’équipe artistique à l’issue de la représentation

 

Projection au cinéma comoedia

Samedi 1er juillet, 11h15 : Le Gone du châaba de Christophe Ruggia. Présenté par Fellag.
Dimanche 2 juillet, 11h15 : Cinema Paradiso de Giuseppe Tornatore. Présenté par Fellag.
Projection au Cinéma Comoedia

En partenariat avec Le Comoedia
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