IBEYI

GAËL FAYE

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« Le déracinement, pour l’être humain, est une frustration qui, d’une manière ou d’une autre, atrophie la clarté de l’âme » écrivait le poète chilien Pablo Neruda, lui qui avait fui, en dernier recours, la dictature de Pinochet. Les trois invités de cette soirée connaissent trop bien le sens de ces mots. Et pourtant, de leurs âmes cabossées jaillit une lumière ardente et régénératrice. Le franco-rwandais Gaël Faye, Révélation Scène aux dernières Victoires de la Musique, s’élancera le premier. Il est l’une des plus belles plumes de sa génération. Un orfèvre aussi à l’aise avec la forme du roman – son bouleversant Petit Pays a obtenu le Goncourt des lycéens en 2016 – que celle de la chanson rap, douce-amère et engagée.
Il sera suivi des évanescentes jumelles Lisa et Naomi Diaz qui, elles aussi, ont puisé dans leurs racines la sève d’une œuvre de fusion des cultures, ici cubaines, africaines et occidentales. Elles n’avaient que vingt ans quand nous les accueillions à leurs débuts en 2015 : elles reviennent endurcies d’une tournée mondiale plébiscitée par Prince, Iggy Pop, Adele ou encore Beyoncé, et avec un superbe deuxième album, Ash.