Un week-end à Saint Just

L’ABCD’erre de la Volcachimie

André Minvielle

Depuis trois ans maintenant, en complicité avec la mairie du 5e arrondissement, le quartier Saint-Just s’anime un weekend durant avec un bal sur la place Trion, un spectacle et une projection cinématographique. Cette année, nous avons souhaité profiter de la présence d’André Minvielle aux côtés de Fellag pour présenter le Ti’bal tribal et l’ABCD’erre de la Volcachimie  sortis tout droit de l’imaginaire de ce génial chanteur et percussionniste proche de Bernard Lubat, héritier des dadaïstes.

L’ABCD’erre de la Volcachimie
L’ABCD’erre c’est expérimental, loufoque et populaire. C’est mon grand chantier "enchantable" du langage, en tablier de swingueur de fond. Là, c’est le vocalchimiste à moustache qui déterritorialise son art et ses flèches, entre Lester Bowie et sa trompette de jazz, le burlesque de Peter Sellers, acteur anglais avec sens de l’inadvertance, l’inspecteur Gadget sortant de toutes situations par le biais d’outillages débridés. Quelques coups de théâtre à la musique. C’est la vie des lettres de l’alphabet en chants de clique rhizomique. C’est que j’appelle vocalchimie. Un vocalchimiste c’est comme un jardinier qui cultive avec et contre nature, comme Arcimboldo faisait ses tableaux, ou Isidore Izou sa caverne "d’habits là-bas". C’est le B. A. BA de la musique et des mots. Pour l’aléatoire projection des lettres de cet alphabet, il y a un grand écran "totem" à suivre. Le vocalchimiste présente, chante et tchatche, improvise, scatte et slalome son inventaire. C’est l’enfance de l’art au pied de la lettre.