MC SOLAAR

EROTIC MARKET

Pionnier du rap français – et du rap tout court, comme l’atteste sa présence sur le premier album de l’Américain Guru en 1993 –, MC Solaar fut l’un de ceux qui ont donné au genre ses lettres de noblesse. Un des artisans, aussi, de l’effacement de la frontière factice qui le séparait jadis du reste de la chanson française. Dans la France du milieu des années 90, c’est un exploit que seul un maître du swing linguistique pouvait réaliser. Ce fut Claude MC, sans doute parce que son flow doit autant au Black Trombone de Gainsbourg qu’aux prouesses de Q-Tip et Phife Dwig sur les premiers albums d’A Tribe Called Quest. Il ne cessera, tout au long de sa carrière, d’ouvrir le champ des possibles du rap, autant en termes de composition que d’orchestration. De nombreux rappeurs se sont infiltrés dans les brèches, comme Abd al-Malik ou Gaël Faye. Ils lui doivent beaucoup. Dix ans après Chapitre 7, Solaar reprenait l’an dernier du service avec Géopoétique, le huitième album tant attendu. Le voici enfin de retour au Grand théâtre.