AGNES OBEL

BLACK SEA DAHU

Pour tenter de percer un peu le mystère qui nimbe la musique d’Agnes Obel, on peut regarder au dos de son dernier album, Myopia (2020). Aux États-Unis, il est sorti sur le label Blue Note et en Europe, sur Deutsche Grammophon. Deux maisons de référence, l’un pour le jazz et l’autre pour la musique (d’inspiration) classique. Depuis son apparition quasi éthérée il y a une dizaine d’années, la Danoise ne joue pourtant ni du jazz ni de la musique classique. Mais elle a le don et le pouvoir, au piano comme au chant, d’attirer dans ses chansons d’alcôves toutes sortes d’auditeurs. On peut ajouter ceux du folk et de la pop, qui entendront chez elle des échos de Kate Bush ou Nico. C’est peut-être parce que la muse nordique est d’abord une chanteuse, une voix d’exception qui sait exprimer, y compris par le silence, les nuances les plus profondes et intimes de l’émotion humaine. Un concert d’Agnes Obel est toujours un voyage hors de l’espace-temps, et à l’intérieur de soi.