ANTIGONE À MOLENBEEK & TIRÉSIAS

Guy Cassiers

Avec le Quatuor Debussy

D’après Stefan Hertmans & Kae Tempest

“Tant Antigone que Tirésias se rebellent contre les catégories politiques, sociales et sexuelles que la société détermine. Ils se soustraient à l’identité imposée et revendiquent avec passion leur propre voix et leur différence.”

Il y a bien longtemps que nous suivons avec attention et désir le travail de Guy Cassiers. La question que nous nous posons toujours pour habiter les Nuits est celle du répertoire et celle des liens à créer. Où peut-on nouer meilleure conversation avec les tragédies antiques ? Les visions d’Antigone et de Tirésias de Stefan Hertmans et Kae Tempest ont fait figure de prophétie. Les deux histoires, accompagnées des musiques du compositeur russe Dmitri Chostakovitch, ont permis la rencontre avec le Quatuor Debussy. L’Antigone puisée dans Antigone à Molenbeek d’Hertmans se nomme Nouria, elle est étudiante en droit. Son frère, radicalisé, a combattu aux côtés de Daesh et a péri dans un attentat-suicide. Nouria, comme Antigone, ne désire qu’une seule chose : enterrer la dépouille de son frère. Mais on refuse de la lui remettre. Le Tirésias inspiré du recueil de poèmes de Kae Tempest est un adolescent d’aujourd’hui, âgé de 15 ans, qui se transforme en femme et finalement en prophète que personne n’écoute. C’est ainsi que Cassiers raconte Antigone et Tirésias en deux monologues. Nouria sera Ghita Serraj, Tirésias sera Valérie Dréville. Leurs paroles seront soutenues sur scène par le Quatuor Debussy qui interprétera en direct des extraits des quatuors à cordes de Chostakovitch. Comme souvent, chez Cassiers, s’épousent technologie visuelle et musique pour servir des narrations épiques et lyriques dans lesquelles se mêlent les mots et les images. Grâce à ce diptyque, il fait résonner les mots et la géographie de notre temps avec la destinée de deux des personnages les plus fascinants du patrimoine de l’Antiquité.

QUATUOR DEBUSSY

On ne présente plus le Quatuor Debussy — Christophe Collette et Emmanuel Bernard (violon), Vincent Deprecq (alto) et Cédric Conchon (violoncelle) — qui, en dehors d’une reconnaissance unanime et internationale comme formation de musique de chambre, s’est illustré en accompagnant des créations et fabriquant des passerelles dans tous les domaines artistiques (danse, théâtre, cirque, musiques actuelles). La jolie chose, aux Nuits, c’est le chemin tracé par l’inspiration Dmitri Chostakovitch qui a débuté avec la découverte d’un enregistrement remarquable et s’est poursuivi avec la création d’Opus où les musiciens du Quatuor Debussy — parfois aveugles car les yeux bandés — rencontraient magistralement sur scène les acrobates australiens de la compagnie Circa sur fond de quatuors à cordes. Le lien secret Chostakovitch se poursuit avec Guy Cassiers.

Création de la version française, coproduction
Durée 2h45 avec entracte

En partenariat avec le Théâtre La Renaissance
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