BON IVER

AN EVENING WITH BON IVER

It might be over soon. “C’est peut-être bientôt terminé”, dit Justin Vernon, ou plutôt fait-il dire à une voix samplée, celle de la légende du gospel Mahalia Jackson, trafiquée en sus à l’aide d’un vocodeur si bien qu’on ignore si c’est lui, elle, un enfant, ou un robot qui parle, en ouverture de son troisième album 22, a Million. Ce qui est terminé, en tout cas, c’est le règne du chant organique chez Bon Iver. Tout au long du disque, le vocodeur reviendra, plus ou moins intensément, faire muter la voix de Vernon. Armada de cuivres, batteries complexes, solos de saxophone, synthétiseurs, boucles électroniques… En 2016, l’œuvre du natif du Wisconsin a pris un tournant décisif. 22, a Million est au carrefour du folk, de la pop orchestrale, du hip-hop et du jazz. Un coup à la Kanye West – un coup de génie, donc – par lequel l’Américain réussissait à faire entrer son folk dans une nouvelle ère. Un émerveillement, mais pas une surprise pour nous qui l’avions vu, au Grand théâtre en 2012, esquisser en live cette sublime transmutation. Quel bonheur de le retrouver enfin.