Comp. Marius

LES ENFANTS DU PARADIS

Première française, coproduction

Si je vous dis Les Enfants du Paradis, vous pensez Jacques Prévert, vous pensez Marcel Carné, vous pensez Jean-Louis Barrault, vous pensez Arletty, vous voyez Baptiste, vous voyez Garance, vous entendez : “Paris est tout petit pour ceux qui s’aiment « comme nous », d’un aussi grand amour !” Si je vous dis Les Enfants du Paradis, vous pensez grands sentiments. Rien de surprenant, dès lors que Waas Gramser et Kris Van Trier aient jeté leur dévolu sur ce répertoire. Après Pagnol, dans la lignée d’un même réalisme poétique, après Dickens et son réalisme noir sur fond de fantastique, Prévert s’impose comme une évidence. Des personnages marqués au fer rouge par la fatalité, chahutés par la vie, violentés par la société, charriant leurs destinées fragiles sans jamais renoncer à l’amour. Les grands cœurs cabossés. Chez les Marius, la lucidité valse avec l’espoir. Les Enfants du Paradis renaîtront à l’Odéon. Comme toujours, l’accueil sera soigné. L’esprit de Prévert sera intact, le récit tenu, la réinvention se lira dans le dessin des personnages et dans la légèreté de l’incarnation. La scène figurera une atmosphère de cirque et de théâtre de boulevard, huit comédiens interprèteront tous les personnages. Vous retrouverez, aux côtés de Kris Van Trier et Waas Gramser, leur complice de toujours Frank Dierens, et vous découvrirez une nouvelle génération d’acteurs de haut vol dont Clara Cleymans et Evelien Bosmans déjà présentes dans Figaro ! et L’Ami commun, et Stefaan Degand, Bert Haelvoet, Roy Aernouts, Lisa Adeag. Venez donc entendre parler d’amour et de jeu, venez donc retrouver Garance, Le Comte, Baptiste, Frédérick, Nathalie, Pierre-François et Madame Hermine, venez donc sentir à nouveau vibrer le cœur battant de Prévert.

 

COMP. MARIUS ET LES NUITS
Nos Nuits se sont sculptées à force de fidélité(s). Les Comp. Marius font partie de cette grande famille d’artistes associés au festival. Ils ont promené leur délicat gradin de bois dans les parcs et jardins de la Métropole, dans la cour du lycée Saint-Just… et ils ont présenté un bel éventail de leur répertoire : Marius, Fanny, César, la trilogie ; Manon et Jean ; Le Schpountz ; Figaro ! ; L’Ami commun ; Coupe royale… Ce sont de grands lecteurs de textes qui croient en la force du récit, ce sont des acteurs inspirés et précis et ce sont des sculpteurs d’espaces théâtraux bruts et insolites.

 

EXTRAIT
Garance : C’est ça… je vais me taire et vous, vous allez parler tout seul, et comme vous êtes “ému, bouleversé”, vous allez encore dire balivernes, des banalités – comme vous dites –, les diamants, les chevaux, la bricole, l’avoine et puis le harnais… la grande vie, quoi !… Oh, c’est pas que je sois… tellement délicate. Si tout cela me tombait du ciel, je ne dirais pas non, peut-être, mais tout de même, cette façon de parler, “un seul mot et votre vie peut changer”, ça veut dire que c’est rien alors, ma vie, une petite vie de rien du tout, à vous entendre ! Et si elle me plaît à moi, cette petite vie-là, je suis une grande fille tout de même, je sais ce que je dis, je sais ce que je fais, tandis que vous… à voir… (Elle l’examine froidement.) Vous avez peut-être “une grande vie” mais le fond, à bien regarder, peut-être que vous êtes un petit homme, un tout petit homme.

Durée : 2h10