DHAFER YOUSSEF

RICHARD BONA

Bona de la Frontera

Bona de la Frontera, c’est Richard Bona et son nouveau projet, 51 ans. Éblouissant guitariste basse. Partenaire de stars planétaires. Chanteur comme sa mère, griot comme son grand–père, chantre de Minta où il est né en 1967 (Cameroun).

À Fourvière, Bona présente son “flamenco project” avec les Maîtres actuels du genre : Antonio Rey (guitare), Maria Rey (cantaora, danse), Paco Vega (percussions) et Pedro Córdoba (danse). En Andalousie, “la frontera” qualifie nombre de pueblos et de villes (Jerez de la Frontera). Mémoire fondatrice du royaume de Grenade et de ses contours. Les frontières sont faites pour être transgressées. 

Bona de la Frontera, c’est une vraie trouvaille : le flamenco ne pardonne rien, ni le compás (les rythmes), ni l’esprit : toutes fron-tières confondues, pour le meilleur des peuples. Projet singulièrement actuel : Bona de La Frontera !

Dhafer Youssef, même âge que Bona, même universalisme sur fond d’histoire personnelle. Même grâce. La virtuosité pour eux, c’est la moindre des choses. Oudiste tunisien, compositeur, voix exceptionnelle, Dhafer Youssef va des mariages au village natal aux scènes de Vienne (Autriche). Puis s’installe à Paris, portant haut les traditions soufies et le lyrisme arabe. Et par-delà les frontières, partout où son génie l’exige.

Ziryab, son premier groupe, doit son nom à l’illustre musicien andalou. Galibi ala Galback est un hymne à sa mère. Le sens de l’improvisation, comme Bona (l’un de ses partenaires de choix), il le tient du jazz. Le reste, tout le reste, c’est d’eux qu’ils le tiennent.