EDDY DE PRETTO

TERRENOIRE

On se souvient de ses premières scènes. Un grand blond en survêt’ avec une coupe au bol, un micro, un téléphone et un câble mini-jack en guise d’orchestre. Et puis la claque. Une voix à la Nougaro, des prods à la Stromae. Des textes coup de poing comme l’épique Fête de Trop ou le poignant Kid, qui déconstruisait, tout en violence, les modèles de masculinité toxique. « Mais d’où il sort, ce mec ? » se dit-on à l’époque. De Créteil, en fait. Un Val de Marne façon VDM, une banlieue qu’il fera tout pour quitter. Au-delà de son apparente jeunesse – il n’a pas 26 ans – et de son étonnant charisme, il détonne surtout par son style musical hybride, entre la chanson française à l’ancienne et les musiques dites urbaines. Il faudra moins d’une semaine à son premier album Cure pour décrocher un disque d’or. Aujourd’hui en platine, il est même ressorti dans une édition Culte augmentée de quatre titres. En mai, il transformera l’Élysée-Montmartre en ring de boxe pour une résidence de dix concerts, avant de prendre la route des festivals. Quel bonheur qu’elle le mène à Fourvière pour la première fois !