Georges Lavaudant avec les étudiants de l’ENSATT

Quand plus rien n’aura d’importance

Travailler avec de futurs comédiens est toujours une source de plaisir et d’inquiétude : une responsabilité. Nous nous réunissons, nous parlons, nous échangeons. Parfois nous sommes seuls, isolés, solitaires, égoïstes. Parfois nous sommes ensemble, nous formons alors un groupe. C’est instable, ça bouge beaucoup, ça tangue, ça se noie. Les thèmes défilent : l’amour, la mort, l’enfance, les fantômes, les doubles, la peur, la fin du monde – objet aujourd’hui d’un courant de pensée appelé “collapsologie” –, les auteurs : Feydeau, Shakespeare, Koltès, etc. De tous ces échanges, rien ne se dégage vraiment. De plus, tout cela a l’air terriblement sérieux. Une idée se précise toutefois : un triptyque sur l’art. L’art, c’est notre matière première, ce sur quoi nous réfléchissons quotidiennement. Alors, pourquoi pas un work in progress ?

La première partie interroge l’art dans ses excès : censure et provocation. Peut-on tout dire ? Tout montrer ? Les lois civiles et républicaines s’appliquent-elles ? La deuxième partie aborde le problème de l’imitation et de la transposition. Comment incarne-t-on un personnage réel ? Pourquoi prend-on un fait divers comme matière artistique ? La troisième et dernière partie joue sur le thème de l’insouciance, elle s’envole vers le rêve. On y dit que le mensonge est parfois plus intéressant que la vérité, que le réel est ennuyeux et limité.

Maintenant, au travail !

G. L.

*titre provisoire emprunté à un roman de l’écrivain uruguayen Juan Carlos Onetti

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