THE GOOD, THE BAD & THE QUEEN

SATELLITE JOCKEY

En 2006 sortait un premier album sobrement intitulé The Good, The Bad & The Queen, mais son apocalyptique pochette ne laissait aucun doute quant au pessimisme du propos. Douze ans plus tard, le super-groupe formé de Damon Albarn (Blur, Gorillaz), Paul Simonon (The Clash), Simon Tong (The Verve) et du légendaire batteur afrobeat Tony Allen reprend du service et dévoile un deuxième disque, Merrie Land. Et pour cause. En l’espace d’une décennie, la dystopie entrevue dans le premier opus s’est en partie réalisée et un Royaume de plus en plus désuni regarde, désemparé, les casse-tête administratifs et politiques du Brexit et de la dette refermer le pays sur lui-même. Plutôt que de laisser leur colère éclater de façon brutale et directe, les quatre Anglais brossent, avec Merrie Land, le portrait d’une identité britannique rêvée, racontée comme un roman existentialiste. Il y a de la nostalgie, de la tristesse, enveloppées dans un cocon de basse comme pour nous réconforter – musicalement, le disque doit autant à la dub culture londonienne qu’à Sgt. Pepper. Alors, on sanglote dans sa bière, mais on le fait la tête haute et en écoutant de la belle musique. Le flegme anglais, sans doute.