INTERPOL

IDLES

On se souvient tous de Turn on the Bright Lights. Le premier disque d’Interpol, sorti en 2002 au cœur du “retour du rock” de l’époque, se refilait entre initiés à la récré, au format CD gravé oblige. Il finira par se vendre à plus de 400 000 exemplaires. Ainsi entrait Interpol dans l’histoire de la musique populaire, au sens le plus noble du terme : celle capable de caracoler en couverture du New Musical Express comme d’illustrer, dans la série Friends, le premier baiser entre Rachel et Joey. Depuis, Interpol a travaillé à entretenir ce son si particulier, ajoutant à chaque passage quelques cordes à son arc – des tubes, sur Antics et Our Love to Admire, un chant plus varié, sur Interpol et El Pintor. Avec le sixième album Marauder, le groupe new-yorkais s’ouvre encore à de nouvelles sonorités, bluesy, psyché et même funky, et nous offre son meilleur disque depuis un moment.

Avant eux, le quintette anglais IDLES dont le programme, aussi politique que cathartique, peut se résumer par les titres de ses deux albums : Brutalism et Joy as an Act of Resistance. C’est déchirant et sublime à la fois. Il y a bien longtemps qu’on n’avait pas entendu un vacarme aussi étourdissant d’intelligence et de grâce.