LOREENA MCKENNITT

On imagine bien la prêtresse canadienne Loreena McKennitt arpentant les rues de Grenade en Espagne dans un de ses nombreux voyages. Il est sûrement tard dans la nuit, quand la chaleur étouffante commence tout juste à tomber. Au détour d’une ruelle, elle entend la rumeur d’une guitare flamenca et s’engouffre dans un petit club. Saisie par la beauté et la vigueur de la scène, elle n’oubliera jamais ce moment. De ce souvenir est née Spanish Guitars and Night Plazas, la remarquable ouverture de son dixième album studio Lost Souls. Suivent de superbes chansons et ballades celtiques – c’est son répertoire de prédilection – et quelques autres heureux métissages, comme Sun, Moon and Stars aux influences moldaves. Ce qu’on aime chez Loreena McKennitt, c’est qu’elle use autant de sa curiosité que de sa virtuosité. Quelle meilleure façon de défendre un répertoire traditionnel, hautement codifié, que de l’ouvrir aux musiques de tous les horizons ?