MOGWAI

BRAMA

Il y a deux écoles. Ceux qui garderont les yeux fermés pendant la majorité du concert et ceux qui les maintiendront grands ouverts, écarquillés, comme sous le choc. Les premiers sont sans doute les plus connaisseurs. Ils savent que les taiseux écossais, presque statiques sur scène, ne font pas dans le grand-guignol. Ils savent surtout que la puissance tellurique de leur musique est si évocatrice qu’elle suffira à convoquer, sous leurs paupières, d’intenses épopées en cinémascope. Les seconds n’ont rien à leur envier. D’abord, qui n’a pas été, à sa première rencontre avec le quatuor de Glasgow, littéralement soufflé ?  Et puis, une musique si dense, si puissante, si charnue qu’on la voit presque physiquement s’échapper des amplis, cela se contemple, n’est-ce pas ? La magie de Mogwai réside là. Dans cette capacité à réunir et à faire communier ensemble des milliers de personnes qui ne voient pas le même concert, ni n’accordent le même sens à chacun de leurs morceaux. Voilà un quart de siècle que Mogwai réalise ce tour de force et renouvelle, à chaque album, une identité musicale à la fois radicale et universelle, qui va bien au-delà du genre post-rock dans lequel on les a longtemps enfermés. Leur dixième album studio, As the Love Continues, paru en 2021, en est la plus récente et magnifique preuve.