ORANGE BLOSSOM

SONA JOBARTEH

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Fondé à Nantes et mené par une chanteuse égyptienne, Orange Blossom invente depuis plus de vingt ans la world music d’un pays de science- fiction, ou celle qu’on entend seulement quand on rêve. Parties d’Orient, ses compositions planent jusqu’aux confins de l’imagination, poussées par de chauds vents symphoniques et tirées vers le haut par la voix de diva tourmentée de Hend Ahmed. Le groupe ne sort ses albums qu’avec parcimonie – le tout nouveau, à paraître prochainement, sera le quatrième en plus de vingt ans d’existence –, mais ses concerts sont innombrables. Normal : la scène est l’escale obligée où ces aventuriers présentent le fruit de leurs périples musicaux. Et pour leur premier passage à Fourvière, ils ne font pas les choses à moitié… Orange Blossom s’annonce en effet au Grand théâtre avec une scénographie spectaculaire, symbolisée par la présence de deux immenses bras articulés imaginés par François Delarozière, directeur artistique de la compagnie La Machine et concepteur des célèbres Machines de l’île de Nantes. La rencontre entre l’univers musical d’Orange Blossom et ces créatures monumentales promet un voyage esthétique et rythmé, conté à travers les arabesques incandescentes de l’humain et de la matière.

Dans le monde des “musiques du monde”, il est souvent question de tradition, d’héritage et de territoire. Mais certains musiciens voient et visent plus haut que leurs racines. Sona Jobarteh est de ceux-là. Issue d’une famille de griots (Tunde Jegede est son frère et Toumani Diabaté son cousin), Sona Jobarteh est née à Londres où elle a étudié le violoncelle, le clavecin et le piano. Virtuose de la kora, harpe africaine traditionnellement réservée aux hommes, la jeune femme a décidé de changer les règles et est aujourd’hui une des rares femmes à jouer de la kora en public. Si elle interprète des chants traditionnels aux rythmes forts et aux mélodies entraînantes, elle cultive l’art de mêler les styles musicaux tout en restant fidèle à la culture mandingue.

“Au moment où ses pouces effleurent les cordes, il se produit autour d’elle comme une libération. Les premières notes vous emmènent, les suivantes vous bercent. Le temps, lui, reste suspendu.” Le Monde