ROBYN ORLIN & CAMILLE

... alarm clocks...

… alarm clocks are replaced by floods and we awake with our unwashed eyes in our hands … a piece about water without water

“Robyn, elle m’a demandé des chansons qui parlent d’eau”, explique Camille en ouverture, après avoir chanté À la claire fontaine avec une gravité telle qu’on ne la fredonnera plus à un enfant de sitôt. Un spectacle sur l’eau, sans eau. C’est la promesse que fait l’énigmatique sous-titre de cette nouvelle création de la chorégraphe sud-africaine Robyn Orlin. Pas d’eau sur scène, donc, et un costume pour unique décor. Une immense robe à la traîne cousue d’étoffes techniques, sacs et vieux anoraks, patchwork de “poly-” en tous genres qui nous rappelle en creux que quelque part, loin de nos regards, l’océan prend cette forme-là, celle d’un continent de plastique. Vite quittée, la robe devient étendue d’eau et Camille, dame du Lac. Car de l’eau, il va en jaillir tout au long du spectacle, de la voix de sa protagoniste. Pas étonnant que Robyn Orlin ait choisi l’iconoclaste autrice-compositrice française dans ce rôle taillé sur mesure. De l’inoubliable “Jolie Bruine”, parue sur Le Fil en 2005, à la “Piscine” sur le dernier album OUÏ, en passant par “Canards sauvages” sur Music Hole ou “Wet Boy” sur Ilo Veyou, l’eau irrigue depuis toujours l’œuvre de Camille. On retrouve certaines d’entre elles dans le spectacle, réinterprétées entièrement a capella, auxquelles s’ajoutent plusieurs reprises à couper le souffle : Garbage, Randy Newman, Anne Sylvestre… Chacune ouvre un courant, trouve un écho singulier, fabrique un bout de chemin. Mises bout à bout, elles forment une grande aventure. Humaine, aquatique, transatlantique.

PORTRAIT ROBYN ORLIN

Robyn Orlin est née en 1955 à Johannesburg. Surnommée “l’irritation permanente” en Afrique du Sud, elle révèle, à travers son œuvre, la réalité difficile et complexe de son pays. Partant du principe que “la danse est politique”, elle prend en considération dans ses créations la situation sociale et culturelle de l’Afrique du Sud : ses influences, son histoire, ses clivages et ses ruptures. Elle y intègre diverses expressions artistiques (texte, vidéo, arts plastiques, etc.) afin d’explorer une certaine théâtralité qui se reflète dans son vocabulaire chorégraphique.

Elle vient pour la première fois en France en 2000 avec Daddy, I’ve seen this piece six times before and I still don’t know why they’re hurting each other… La reconnaissance est immédiate, et elle devient une chorégraphe majeure de la scène internationale.

Création, coproduction
Durée 1h15 environ

À l’instigation et en coproduction avec la Philharmonie de Paris
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En complicité avec la Biennale de la danse

Avec le soutien de Groupama
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africa2020.jpgLe spectacle est labellisé dans le cadre de la Saison Africa2020,
avec le soutien de l’Institut français et du Comité des mécènes de la Saison.