Rokia Traoré

OUM

SONA JOBARTEH

Né So

Ce sont les femmes qui font avancer l’Afrique.” Un lieu commun, certes, mais qui se vérifie dès lors qu’on parle de femmes africaines hors du commun : les musiciennes. Rokia Traoré, Oum et Sona Jobarteh ont des racines dans trois pays différents, le Mali pour la première, le Maroc pour la deuxième et la Gambie pour la dernière. Elles en viennent, mais n’en restent pas là. Avec sa guitare électrique et son cosmopolitisme (fille de diplomates, elle a longtemps vécu en France), Rokia Traoré a su créer depuis vingt ans un parfait métissage entre la tradition mandingue et des influences occidentales pop-rock. Quant à Oum, chanteuse précoce qui a grandi à Marrakech en écoutant de la chanson marocaine et de la soul américaine, elle a trouvé un chemin sensuel et consensuel dans le désert et ses musiques, avec la voix d’une Donna Summer du Sahara. La plus jeune des trois, Sona Jobarteh, est née à Londres où elle a étudié le violoncelle, le clavecin et le piano. Sans jamais lâcher sa kora, héritée d’une famille de griots (Tunde Jegede est son frère et Toumani Diabaté son cousin), Sona Jobarteh est l’une des rares femmes à jouer de la kora en public, alors que cet instrument est traditionnellement réservé aux hommes. La transgression est permise, parce qu’elle est une merveilleuse instrumentiste. Et c’est l’Afrique qui avance…