TRIO LUBAT,

MINVIELLE, VIEIRA

VALLETTI QUINTETTO

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Bernard Lubat et André Minvielle sont des complices de longue date. Tous deux collecteurs, multi-instrumentistes de génie, ils ont formé les oreilles (et l’esprit !) de toute une génération. André Minvielle chante en français ou en occitan et pratique ce qu’il appelle la “vocalchimie”, un mélange de scat, de blues et de rap, qu’il accompagne parfois de vielle à roue, de percussions et de bruitages, d’un porte-voix ou d’une bouteille en plastique. Bernard Lubat, quant à lui, se définit comme un “malpoly-instrumentiste”. Il exerce ses talents principalement sur la batterie et le piano, mais aussi à l’accordéon, au vibraphone, aux percussions et au chant, c’est un redoutable scateur. Avec pareil pedigree, ces deux comparses pourraient, comme on dit, “faire partie des meubles”. Sauf que tout chez ces chantres de l’“imagin’action” appelle au contraire à déménager, à ne jamais s’installer. Du bal populaire au free jazz, de Nougaro au rap gascon, du scat au swing : tout entre leurs mains reprend sens et dissidence. Lorsqu’un troisième complice, le guitariste Fabrice Vieira, se joint à eux, ces collectionneurs d’accents, joueurs de mots et assembleurs de sons offrent à chaque concert des surprises et de la joie en pagaille.

De la joie, il y en aura aussi en ouverture de soirée. André Minvielle retrouve pour les Nuits une autre fine équipe : Serge Valletti, auteur dramatique bien connu de nos services (le cerveau de la saga Toutaristophane, c’est lui), Raphaël Imbert (saxophone), Vincent Beer-Demander (mandoline), Grégory Daltin (accordéon). Tous experts en trafics sonores de grande ampleur, improvisations de haut vol, échappées belles. Il est question de lecture de textes en musique. Douze textes jaillis d’un trait sur des compos d’Elisabeth Valletti, la sœur de Serge. Certains serrés comme des poings, d’autres débordant comme la crue d’un fleuve. Aux premières répétitions, l’heure est grave. Gravement belle. Serge Valletti essaie un premier texte, un deuxième, un troisième… Chaque fois, la bande répond juste, trouve la respiration, la cadence, la cassure, le silence, les inventions qu’il faut. En 1969, Valletti fut brièvement chanteur dans un groupe qui s’appelait Les Immondices. En 2021, il est diseur au long cours au sein du Valletti Quintetto – un groupe qui aurait pu s’appeler Les Diamants Bruts.

Création