Valletti Quintetto

MINVIELLE, IMBERT, BEER-DEMANDER, DALTIN, VALLETTI

Création

Marseille, décembre 2019. L’heure est grave. Gravement belle. Dans une salle de répétition, Serge Valletti, auteur dramatique bien connu de nos services (le cerveau de la saga Toutaristophane, c’est lui), prépare un nouveau coup. Le plan est ambitieux, son issue incertaine. Cette fois, il est question de lecture de textes en musique. Douze textes jaillis d’un trait sur des compos d’Elisabeth Valletti, la sœur de Serge. Certains serrés comme des poings, d’autres débordant comme la crue d’un fleuve. Il y a là une sacrée équipe : André Minvielle (percussions, “vocalchimie”), Raphaël Imbert (saxophones), Vincent Beer-Demander (mandoline), Grégory Daltin (accordéon). Tous experts en trafics sonores de grande ampleur, improvisations de haut vol, échappées belles. Tous en alerte, à l’écoute. Serge essaie un premier texte, un deuxième, un troisième… Chaque fois, la bande répond juste, trouve la respiration, la cadence, la cassure, le silence, les inventions qu’il faut. Valletti est comme un poisson dans l’eau – sa nouvelle eau. Dans sa bouche, les mots sonnent comme les relevés sensibles d’un conteur qui se souvient, se projette, rêve, rage, meurt, revit. C’est magnifique. Le coup parfait. En 1969, Valletti fut brièvement chanteur dans un groupe qui s’appelait Les Immondices. En 2020, il est diseur au long cours au sein du Valletti Quintetto – un groupe qui aurait pu s’appeler Les Diamants Bruts.