YOUSSOU NDOUR

BLICK BASSY

Impossible d’oublier la dernière apparition de Youssou Ndour aux Nuits : c’était en 2015, lors d’un concert donné avec l’orchestre de l’Opéra de Lyon. Le corps ceint d’un boubou blanc, il avait, dès la première vocalise, créé une onde de choc : soudain l’air alentour avait paru plus dense, plus vibrant. Quelles sont les autres voix capables de provoquer pareil phénomène ? Faiz Ali Faiz ? Danyèl Waro ? C’est à cette galaxie rare qu’appartient le Sénégalais, qui revient en majesté dans le sillage d’un nouvel album, History, construit autour d’hommages (le chanteur nigérian Babatunde Olatunji ou son regretté directeur musical Habib Faye) et de rencontres (le Congolais Mohombi, la chanteuse Seinabo Sey).

Difficile d’oublier, aussi, la première venue de Blick Bassy chez nous : c’était également en 2015, en première partie d’une Joan Baez épatée par son concert… Le Camerounais venait présenter son troisième album, l’épuré Akö, sur le label Nø Førmat!. C’était pour lui comme un nouveau départ, le grand essor d’un créateur et d’une conscience dont l’aura se déploie encore davantage sur son nouveau disque : précédé par la chanson Ngwa et sa sensationnelle vidéo, 1958 le consacre non seulement comme l’ambassadeur de la culture bassa, mais aussi désormais comme l’une des voix majeures du continent africain.